Un jardin n'est pas fait pour être exposé.
- Luc Thibert

- 9 nov. 2025
- 2 min de lecture
«Commencez par vous entraîner à ne pas dévoiler qui vous êtes, gardez votre philosophie pour vous pendant un certain temps. Tout comme les fruits, la graine est enfouie pendant une saison, cachée, poussant progressivement jusqu'à atteindre sa pleine maturité. Mais si le grain germe avant que la tige ne soit complètement développée, il ne mûrira jamais. C'est le genre de plante que vous êtes, vous montrez vos fruits trop tôt, et l'hiver vous tuera.»
Épictète, discours, 4.8.35b-37
Après tout ce que nous avons lu, la tentation est grande de se dire : « C’est génial. Je comprends cette philosophie. Je suis stoïque. » Mais ce n’est pas si simple. Ce n’est pas parce que nous adhérons aux valeurs du stoïcisme que ses racines sont déjà solidement ancrées dans notre esprit.
Jouer avec les livres pour paraître brillant ou aligner une bibliothèque impressionnante, c’est un peu comme cultiver un jardin uniquement pour éblouir ses voisins. Mais cultiver la terre pour nourrir sa famille, voilà une démarche de loin plus noble et utile. Les graines du stoïcisme travaillent en silence, comme un système racinaire enfoui. Continuons à les arroser et à les entretenir pour qu’elles deviennent robustes. Ainsi, nous serons prêts à affronter les hivers rigoureux de la vie.

La mission du stoïcisme n’a rien à voir avec l’étalage. Ma fille et sa génération utilisent l’expression « flex » pour désigner ceux qui exhibent leurs avoirs — Rolex clinquante, voiture rutilante, et autres signes extérieurs de réussite. Eh bien, je dirais qu’il ne faut pas « flexer » non plus avec la philosophie : sortir de beaux raisonnements tout faits pour briller en société va à l’encontre même de l’esprit stoïcien, qui valorise l’humilité.
L’étude de cette philosophie est le travail d’une vie. Chacun la mène seul, et chacun saura, en temps voulu, quand ses fruits seront mûrs et prêts à être cueillis.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 15 septembre.






Quand je pose une question à quelqu'un qui ne connaît pas la réponse, j'apprécie qu'il ou elle me dise, simplement : je n'en sais rien. Cela me dit sa force. Son humilité spontanée et naturelle.
Souvent, il m'arrive de ressentir une ignorance de tout. Mémoire effacée. Brouillard. Concentration égarée. Impossible d'en tartiner épais sur ma tranche. La fierté face à mes connaissances est bien basse.
Parfois, je sais une chose. Ou deux. Le stoïcisme n'en fait pas encore partie. Sauf en partie.
Bonne semaine à toi !