Le coût réel d’une journée (perdue).
- Luc Thibert

- 18 janv.
- 2 min de lecture
«Je dis : que personne ne me vole un seul jour sans me rembourser intégralement cette perte.»
-Sénèque, Sur la tranquillité de l’âme, 1.11b

On dépense beaucoup plus d’argent avec une carte de crédit qu’avec de l’argent comptant. Les sociétés émettrices et les banques le savent bien : c’est pourquoi elles nous bombardent de publicités et de promotions. Plus nous payons avec du plastique, plus nous dépensons… et plus elles s’enrichissent.
Appliquons maintenant cette logique à nos journées. Traite-t-on le temps de notre vie avec la même vigilance que notre portefeuille ? Parce que nous ignorons combien de jours il nous reste, et parce que nous évitons soigneusement de penser à notre trépas, nous devenons étonnamment laxistes dans la manière dont nous dépensons notre temps. Nous laissons obligations, distractions et demandes diverses s’imposer, en oubliant trop souvent de nous demander : qu’est-ce que j’y gagne vraiment ?
La maxime de Sénèque revient à couper ses cartes de crédit pour revenir à l’argent comptant, dépensé avec circonspection. Elle nous invite à examiner chaque « transaction » de notre temps avec attention : est-ce un bon échange ? Est-ce équitable ? Est-ce digne d’une journée de ma vie ? Et, ultimement — comme le répète si bien notre chroniqueur financier préféré, Pierre-Yves McSween — en bout de ligne, en ai-je vraiment besoin ?
En apprenant à protéger nos journées comme nous protégerions nos économies, nous reprenons doucement le contrôle de notre vie. Chaque heure devient alors une décision intentionnelle plutôt qu’un automatisme ou une concession. Dire non avec clarté, choisir avec soin, refuser de gaspiller ce qui ne revient jamais : voilà sans doute l’un des exercices les plus exigeants… et les plus libérateurs.
Après tout, notre temps est la seule monnaie dont la valeur augmente substantiellement lorsque nous en faisons un usage parcimonieux.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 10 décembre.






Oui, on vit souvent comme si on ne se rendait pas compte que notre vie coule à flots, comme un robinet resté ouvert et qu'on ne le ferme jamais parce qu'on ne sait pas qu'il coule ; on a la tête ailleurs... Ou ça ? Dans l'inconscience peut-être bien. Ou encore, regarder le temps qui file ne nous fait pas de bien. Nous angoisse. Tout un travail d'être dans ce fameux temps présent. Il m'arrive de parler à voix haute pour me visser dans ce que je suis en train de faire. Je me dis, là, je vais aller prendre un bain et je vais en profiter. Par ces petites choses ( on y revient toujours ), on peut savoir…