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Traverser la peine sans se mentir.

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

«Il vaut mieux affronter et gérer son chagrin honnêtement plutôt que d’essayer de le dissimuler.»

-Sénèque, Consolation à Helvia, ma mère, 17.1b


Nous avons tous perdu des personnes qui nous étaient chères : un parent, un grand-parent, un ami précieux, un collègue apprécié. Et souvent, au cœur de ce chagrin, quelqu’un de bien intentionné a tenté de nous changer les idées, de nous offrir quelques heures de distraction. Aussi délicates soient ces attentions, elles passent bien souvent à côté de l’essentiel.



On croit parfois que les stoïciens refoulent leurs émotions. Or, leur philosophie enseigne exactement l’inverse : affronter ce que l’on ressent, l’accueillir lucidement et le traverser, plutôt que de le fuir. Même si la tentation est grande de se mentir à soi-même, ou de rassurer les autres en prétendant que tout va bien, il est plus juste — et plus sain — de reconnaître ce qui nous habite.


La distraction peut offrir un répit momentané, mais le ressac n’en sera que plus fort, parfois à répétition. Il vaut donc mieux se tourner directement vers la douleur : la reconnaître, la vivre pleinement, lui laisser l’espace nécessaire. Cela prendra le temps qu’il faudra — et ce n’est pas grave.


Faire face maintenant, c’est analyser ce que nous ressentons, renoncer à l’idée que nous devrions aller mieux plus vite, cesser de nous imposer une maîtrise artificielle. C’est chercher la lueur positive lorsqu’elle existe, mais sans jamais nier la peine. La douleur fait partie intégrante de la vie, et c’est en l’assumant honnêtement qu’elle peut, tranquillement, se transformer.


Le stoïcisme ne nous demande pas d’être de pierre, mais d’être vrais. Il nous invite à cesser de lutter contre ce qui est déjà là et à observer notre peine avec la même attention que nous porterions à un phénomène naturel. La douleur n’est pas une ennemie à abattre, mais un passage à franchir. En lui donnant voix et présence, nous cessons de la subir aveuglément : nous la comprenons, et c’est alors qu’elle commence à perdre son emprise.

Selon la sagesse stoïcienne, c’est ainsi que l’on traverse — et que l’on surmonte — le chagrin.

 

Luc Thibert

Inspiré du Daily Stoic du 8 décembre.

2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
il y a un jour

Tout cela est juste et vrai. Je l'ai vécu déjà. Par la lucidité, on comprend et on a la capacité de l'utiliser comme bâton de marche. Il y a aussi des peines qui apportent des défis que nous ne pouvons contenir, même avec la meilleure volonté. Alors, on a besoin d'aide. Il faut le reconnaître et passer à l'action. Je le vis présentement. Et je l'accueille sainement.


Bonne semaine, cher Luc. Et merci pour les pistes de solutions à tant de problématiques humaines.

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Luc
Luc
il y a un jour
En réponse à

Merci Lili pour ce commentaire, encore une fois d’une grande justesse. Il est vrai que certaines peines dépassent nos seules forces intérieures. La lucidité — amalgamée d’un soupçon de stoïcisme😉 — nous aide à comprendre, mais cela ne suffit pas toujours.


Reconnaître que l’on a besoin d’aide, puis oser la demander, est (je le répète) un acte de grand courage, profondément aligné avec l’esprit stoïcien. Accueillir cela sans résistance, comme tu le fais, est déjà un exemple de sagesse en action. Les mots sont souvent vains dans de telles circonstances, mais j’ose tout de même t’envoyer de la douceur pour ce que tu traverses.


À la prochaine, chère Lili…🍷🎶

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