La liberté de s’abstenir.
- Luc Thibert

- 1 févr.
- 2 min de lecture
« Nous devons renoncer à bien des choses, non parce qu’elles sont nuisibles, mais parce qu’elles nous asservissent. Ce n’est pas la chose qui est mauvaise, c’est la dépendance. C’est une grande chose que de savoir renoncer. Beaucoup d’hommes croient posséder les choses, alors qu’ils en sont possédés. »
— Sénèque, Lettres à Lucilius
Ce que nous considérons comme des plaisirs inoffensifs peut facilement devenir, à notre insu et malgré notre vigilance, de véritables addictions. Nous commençons par prendre un café le matin et, très vite, nous ne pouvons plus démarrer la journée sans lui. Nous consultons nos courriels ou notre fil d’actualité sur les médias sociaux parce que cela fait partie de notre travail, puis, rapidement, nous croyons sentir notre téléphone vibrer dans notre poche toutes les cinq secondes, à toute heure du jour. Peu à peu, ces habitudes, à première vue anodines, prennent insidieusement le contrôle de notre vie.
Ces petites compulsions n’érodent pas seulement notre liberté et notre souveraineté intérieure ; elles obscurcissent aussi notre lucidité. Nous croyons avoir le contrôle… mais est-ce vraiment le cas ? Comme l’a dit un toxicomane : la dépendance commence lorsque nous avons perdu la liberté de nous abstenir. Reprendre possession de cette liberté est un acte fondamental.

Les addictions peuvent prendre des formes très diverses selon les personnes : les sodas, les drogues, le fait de se plaindre, les commérages, Internet, le jeu, se ronger les ongles… et bien d’autres encore. Certaines sont évidemment plus dommageables que d’autres. Il faut aussi reconnaître que, dans certains cas, des pathologies sont en cause et qu’une aide extérieure devient nécessaire. Demander cette aide et s’y engager exige alors un courage immense.
La conclusion de ce billet ne prône ni la perfection ni la privation absolue. Il s’agit simplement d’être attentif, de savoir reconnaître les endroits où nos dépendances peuvent nous nuire. Personnellement, je ne compte pas me priver de mon café matinal de sitôt, mais je suis bien conscient d’être, pour l’instant, sous son emprise.
Nous devons malgré tout faire l’effort de retrouver notre droit à la liberté, car c’est là que résident notre équilibre, notre lucidité et la maîtrise de soi.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 8 janvier.





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