Préparons-nous à la tempête.
- Luc Thibert

- 31 mai
- 2 min de lecture
«Voilà le véritable athlète, celui qui s'astreint à un entraînement rigoureux pour lutter contre les fausses impressions. Restez fermes, vous qui souffrez, ne vous laissez pas emporter par vos impressions ! La lutte est grande, la tâche est divine : il s'agit d'atteindre la maîtrise, la liberté, le bonheur et la sérénité.»
Épictète, Discours, 2.18.27 – 28
Épictète utilise aussi la métaphore de la tempête pour illustrer la puissance de nos impressions : elles peuvent nous submerger, nous emporter ou nous ballotter dans tous les sens. Lorsque nous nous énervons ou que nous nous laissons absorber par une émotion intense, nous devenons précisément cette embarcation fragile au cœur des vents.

À notre époque, la météo nous offre une image encore plus parlante. Nous disposons de météorologues et d’experts capables de prévoir avec une assez grande précision l’évolution des tempêtes. Nous ne sommes véritablement sans défense face à un ouragan que si nous refusons de nous préparer ou d’écouter les avertissements.
Il en va de même pour nos tempêtes intérieures. Si nous n’avons aucun plan, si nous n’avons jamais appris à installer nos « contre-fenêtres » psychologiques, nous restons à la merci des vents extérieurs comme intérieurs. Nous demeurons alors de simples êtres humains exposés à des rafales pouvant atteindre 160 km/h, alors même que nous avons désormais la possibilité d’anticiper, de comprendre et de nous renforcer.
Et c’est là que réside peut-être la vraie sagesse : non pas empêcher la tempête de survenir, mais apprendre à ne plus être emporté par elle. La vie continuera toujours de souffler, parfois violemment, parfois doucement. Mais celui qui s’est préparé n’essaie plus de contrôler le ciel — il apprend plutôt à devenir un sol plus stable, une présence plus ancrée, capable de traverser les vents sans se perdre lui-même.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 18 février.






Ouf ! Le dernier paragraphe de ce billet, Luc, est époustouflant !
Quant à l'objet lui-même de cette pensée, me voilà ébranlée...
J'ai toujours cru qu'il n'était pas recommandé de (trop) prévoir, d'appréhender, de se préoccuper de tous les demains, puisque la santé pouvait en être affaiblie. La simple idée de réfléchir, et d'agir en vue de se préparer à cet imprévisible horizon que nous ne voyons pas encore, n'est-elle pas lourde pour rien ? Parmi les méfaits de la grande prévoyance, la peur pourrait s'y glisser. Le déni prématuré. La méfiance.
Ouf ! Ça commence la semaine d'aplomb !
Merci. Toujours aussi captivant, profond et tellement nécessaire !
Lili :-))