La sagesse en chantier.
- Luc Thibert

- 19 juil.
- 2 min de lecture
«Montre-moi quelqu’un de malade et heureux, en danger et heureux, mourant et heureux, exilé et heureux, déshonoré et heureux. Montre-moi ! Par Dieu, comme j’aimerais voir un stoïcien. Mais puisque tu ne peux pas me montrer quelqu’un d’aussi parfaitement formé, montre-moi au moins quelqu’un qui s’efforce activement de le devenir, qui tend vers cela… Montre-moi !»
-Épictète, Discours, 2.19.24-25a, 28
Au lieu de considérer la philosophie comme un sommet à atteindre, voyons-la plutôt comme une pratique que l’on apprivoise progressivement. Non pas de manière ponctuelle, au gré de quelques élans inspirés, mais tout au long de la vie, par une amélioration lente et constante. Une mise en œuvre quotidienne plutôt que de grandes révélations passagères.
Épictète aimait secouer ses élèves lorsqu’il percevait chez eux une certaine complaisance face à leurs progrès. Le texte d’ouverture en témoigne avec vigueur. Il voulait rappeler aux aspirants stoïciens — et à nous aujourd’hui — que si l’on espère se rapprocher un jour de cette maîtrise intérieure, il faut accepter l’idée d’un entraînement continu et d’un effort renouvelé.

Dans notre quête d’amélioration personnelle, il est essentiel de garder ceci à l’esprit : on n’arrive jamais tout à fait au bout du chemin. Le sage, ce stoïcien idéal qui agit avec parfaite justesse en toute circonstance, demeure un horizon plutôt qu’une destination réelle. Il ne s’agit donc pas d’exiger de soi l’impossible, mais de poursuivre la route avec sincérité et persévérance.
Le stoïcisme ne demande pas la perfection ; il demande la pratique. Chaque fois que nous retrouvons notre calme après l’avoir perdu, chaque fois que nous faisons preuve d’un peu plus de patience, de lucidité ou de courage qu’hier, nous avançons déjà dans la bonne direction.
Au fond, la sagesse n’est peut-être pas l’état de celui qui ne trébuche jamais, mais celui qui accepte humblement de se relever et de poursuivre son apprentissage. En bon français, nous sommes tous, avec nos élans et nos contradictions, un simple work in progress.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 17 mai.






Que le ciel puisse m'offrir un moment de répit !
Un moment que je cherche parmi les ressources qui m'habitent pour y trouver un peu de sagesse, de recul, de bon jugement. Je me promène de médecins en spécialistes, de tests en examens. Je suis fatiguée. J'ai mal partout. Et puis, je devrai subir de chirurgies au courant de cette année. Bref, je ne t'écris pas sur l'objet de ce billet. Tu m'en vois désolée. Mais sois sûr que je chemine. Je marche vers du mieux dans ma tête. J'avance avec mon coeur.
Bonne semaine, Luc. Et encore merci pour tes mots qui sont aussi compétents que ceux de la science. Tes mots qui accompagnent l'esprit, cet esprit qui régule…