Quand la faiblesse se déguise en force.
- Luc Thibert

- il y a 3 jours
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« Toute cruauté naît de la faiblesse. » — Sénèque
Il y a des choses qui ressemblent à de la force, mais qui, en réalité, n’en sont pas. Une personne provocante, agressive ou détestable peut donner l’impression d’être forte. Bien souvent, pourtant, ce n’est qu’une façade. Derrière l’arrogance et la brutalité se cache parfois une grande fragilité.
Il en va de même pour l’ego. Pour un œil non averti, on peut facilement le confondre avec de la confiance en soi. L’égocentrisme, la certitude d’avoir raison, le sentiment d’avoir des droits acquis — tout cela peut donner l’impression d’une personne qui se sait importante, puissante et supérieure aux autres. En réalité, il peut en être tout autrement.
La personne dominée par son ego ne se sent pas nécessairement grande à l’intérieur. Elle peut, au contraire, s’y sentir toute petite. Néron, par exemple, exigeait que des foules immenses célèbrent sa grandeur. Le même empereur aurait fait bannir le poète Lucain, dont le talent et la popularité menaçaient peut-être son propre prestige.

Nous devons être assez lucides pour reconnaître ces signes de faiblesse chez nos dirigeants, chez nos patrons, chez les personnes que nous admirons… mais surtout, nous devons apprendre à les reconnaître en nous-mêmes. La confiance véritable est discrète. Elle n’a pas besoin d’être célébrée ni vénérée. La véritable force n’a pas constamment besoin de prouver qu’elle existe. Elle n’est pas facilement menacée et ne cherche pas continuellement à attirer les regards.
Elle sait quand parler. Et elle sait aussi quand se taire.
Tous ceux qui souhaitent améliorer leur vie peuvent utiliser ce genre de rappel pour demeurer suffisamment vigilants et humbles pour apprendre, suffisamment disciplinés pour persévérer et suffisamment honnêtes pour ne pas se mettre eux-mêmes des bâtons dans les roues en succombant aux pièges d’un ego qui réclame sans cesse reconnaissance et validation.
Voilà donc un autre exercice que nous devrions mettre à l’ordre du jour, sans plus tarder, chers apprentis-stoïciens : Apprendre à reconnaître la faiblesse qui se déguise en force.
Et, surtout, avoir le courage de vérifier si elle ne se cache pas quelque part en nous.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic (Newsletter) du 15 juin.





Cher Luc,
Je me demande si nous ne sommes pas toutes et tous un peu pareils. Si le besoin de reconnaissance et de validation n'appartient pas à bien des gens. J'ai la chance d'avoir reçu ce qu'il fallait pour avois eu confiance en moi, de mémoire, toute ma vie. Toutefois, j'ai un immense besoin qu'on me trouve bonne. Voire excellente. Et ça ne me pose pas grands problèmes. J'espère simplement ne pas faire trop suer les autres quand je suis avec eux. Je parle beaucoup, je prends ma place - et pas celle des autres. Chacune et chacun peut me couper sans me vexer du tout. C'est même souvent nécessaire. Mais, vois-tu, j'ai un petit enjeu : je coupe la…