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Être bon, pas parfait.

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • 9 août
  • 2 min de lecture

« Lorsque la force des circonstances t'a secoué et ébranlé, hâte-toi de retourner à toi-même, et ne perds pas le rythme plus longtemps que la contrainte ne l'exige. Car le chemin le plus sûr vers l'harmonie parfaite est d'y revenir toujours et encore. »

— Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, 6, 11


Nous avons des objectifs. Nous avons des principes. Nous savons ce que nous devons faire. Et c’est alors la discipline qui détermine si nous agissons ou non. Le problème, c’est que certaines personnes semblent croire que cette discipline doit être à toute épreuve. Et lorsqu’elles n’y parviennent pas, elles s’en veulent.


Les stoïciens avaient des exigences élevées. Mais ils comprenaient aussi que la perfection n’était pas possible. Ce qui était possible, disait Épictète, c’était de s’efforcer de devenir meilleur. Ce qui comptait, comme l’illustre si bien la citation de Marc Aurèle, c’était surtout la rapidité avec laquelle nous revenions à nous-mêmes après avoir été ébranlés par les circonstances.


Parfois, nous ne serons pas à la hauteur. Parfois, nous devrons faire une exception ou faire preuve de souplesse. Parfois, nous oublierons tout simplement nos principes. Et c’est très bien ainsi.



Cela me rappelle cette magnifique réplique de À l’est d’Éden, le roman de Steinbeck — qui regorge d’ailleurs de thèmes stoïciens et que je vous recommande de relire. Adam Trask, incroyablement dur envers lui-même et rongé par la culpabilité, entend alors de Lee, le domestique de la famille, cette phrase qui résonne profondément :

« Maintenant que tu n’as plus besoin d’être parfait, tu peux simplement être bon. »


Et c’est peut-être là tout l’essentiel. Nous n’avons pas besoin d’être parfaits. Nous devons simplement choisir d’être bons. Nous pouvons recommencer. Nous pouvons revenir à nous-mêmes. Nous pouvons encore nous relever et reprendre le chemin.


Être bon, c’est mieux qu’être parfait, parce que c’est plus réel. Être bon, c’est humain. C’est accepter la lutte, l’effort, les rechutes parfois, mais aussi ce désir sincère de faire ce qui est juste. Être bon, c’est reconnaître que nous tomberons encore, mais que nous pouvons toujours nous relever. Être bon, c’est ce que nous sommes capables de choisir.


Et c’est ce que nous devons continuer à nous efforcer d’être, jour après jour.


Luc Thibert

Inspiré du Daily Stoic du 21 mai.

2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
10 août

La bonté ! Toujours la bonté ! Nos sociétés n'en regorgent pas. Une bonne part des individus non plus. Le mot à la mode, tu le sais, c'est «bienveillance». Un mot mou. Un mot mielleux. Mais la bonté, c'est un mot droit. Comme un piquet bien planté.


Je te le disais tout dernièrement, le mot «bonté» est mon favori parmi tout le lexique disponible. Et «rivière». Pour moi, ils sont synonymes.


Merci encore, Luc. Belle réflexion qui mérite notre entière attention.

«Bonne» semaine à toi.

Lili :-)

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Luc
Luc
10 août
En réponse à

Chère Lili,


« La bonté comme un piquet bien planté »… J’adore ! Et je crois que tu viens de me faire aimer encore davantage ce mot que j’aimais déjà beaucoup.


Et puis, cette idée que bonté et rivière soient synonymes chez toi me plaît aussi énormément. La bonté, comme une rivière, ne fait pas nécessairement de bruit. Elle avance, elle contourne les obstacles, elle nourrit les rives et, surtout, elle continue son chemin.


Je crois finalement que nous avons besoin des deux : de la bonté pour nous tenir debout comme un piquet… et de la rivière pour nous rappeler de rester souples par moment.


Merci pour cette belle image, Lili. Elle va certainement m’accompagner quelque temps. :-)

Je te souhaite,…


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