Vivre selon sa nature.
- Luc Thibert

- 16 août
- 2 min de lecture
«Pour l'être humain, le bonheur réside dans un travail digne de lui. Et ce travail consiste à : faire preuve de bienveillance envers les autres, ignorer les pulsions des sens, discerner les impressions dignes de confiance et contempler l'ordre naturel ainsi que tout ce qui s'y conforme.»
-Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, 8.26
Lorsqu’on fait appel à un dresseur de chiens, comme le réputé César Millan, pour s’occuper d’un animal difficile ou malheureux, il commence généralement par poser une question toute simple : « Est-ce que vous le promenez ? » Cette question peut surprendre, mais elle repose sur une réalité fondamentale : les chiens ont été élevés pour accomplir certaines tâches, pour bouger, explorer et besogner. Lorsqu’on les prive de cet aspect essentiel de leur nature, ils souffrent et développent souvent des comportements problématiques, et ce, peu importe le confort ou les attentions dont ils bénéficient.

Ironiquement, il en va souvent de même pour nous, les êtres humains. Lorsque les stoïciens semblent faire peu de cas de certaines émotions ou de certains luxes matériels, ce n’est pas parce qu’ils y sont insensibles ni parce qu’ils prônent une existence austère, dépourvue de bonheur ou de joie. Leur démarche vise plutôt à nous aider à retrouver notre centre, à goûter cette satisfaction profonde qui naît de l’accomplissement de notre véritable vocation humaine.
Or, cette vocation n’est ni la réussite sociale, ni la recherche effrénée du plaisir, ni même la simple survie. Pour les stoïciens, elle consiste à vivre en accord avec la nature — c’est-à-dire avec la raison, la vertu et l’ordre du monde. L’être humain possède une faculté singulière : celle de raisonner et de choisir consciemment sa manière d’être. Notre vocation découle de cette liberté intérieure. Nous ne sommes pas appelés uniquement à vivre, mais à vivre lucidement, avec droiture et discernement.
Les chiens, eux, suivent leur instinct. Nous avons la responsabilité — et peut-être le privilège — de choisir notre chemin.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 25 mai.





Ah, la chance inouîe de choisir ! Notre seul et unique pouvoir sur nos vies. Notre seule occasion de décider. Quel luxe ! Quel privilège ! Et dire qu'on ne l'utilise pas tant que ça. Et même trop peu ou pas du tout... On se laisse barouetter par les bousculades et les défis que nous envoient les choses, les événements, les gens. À chaque petit jour, chaque soleil levant nous invite à choisir ce que l'on veut vivre aujourd'hui : la joie ou son contraire.
Encore merci, Luc, pour cette réflexion simple, mais combien exigeante.
Bonne semaine ! Lili :-))