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Le "mot" que chaque être humain devrait convoiter.

Photo du rédacteur: Luc Thibert
Luc Thibert
27 sept.
3 min de lecture

« La capacité se confirme et se développe à travers les actions qui lui correspondent : on apprend à marcher en marchant, et à courir en courant… Par conséquent, si vous voulez exceller à faire quelque chose, prenez-en l’habitude. »

 Épictète, Entretiens,  2- 18.


« Arété » (ou arétè, du grec ancien ἀρετή) désigne originellement l’excellence et la réalisation de son plein potentiel. Dans la philosophie grecque, ce concept dépasse la simple vertu morale pour incarner l’idée de remplir au mieux sa fonction ou de réaliser pleinement sa nature, qu’il s’agisse d’un individu, d’un objet ou d’une action. Des philosophes comme Platon et Aristote associaient l’arété à l’accomplissement de l’être humain, tant sur les plans physique et intellectuel que moral. Vivre selon l’arété, c’est tendre vers la meilleure version de soi-même, en cherchant à donner le meilleur de nous-mêmes dans chacune de nos actions.


Ce petit mot revêt donc une signification particulièrement puissante chez nos amis stoïciens. Pour eux, il exprime l’excellence humaine, cette aspiration à vivre avec sagesse, à agir avec justice, à faire preuve de courage et à exercer la maîtrise de soi. Il représente un idéal d’accomplissement, une manière de tendre vers la grandeur humaine, non pas en recherchant la perfection, mais en cultivant les qualités qui nous permettent de mieux vivre.


Mais comment parvenir à nous rapprocher d’un tel idéal ? Une démarche philosophique s’impose, car le génie humain, l’inspiration et même le talent ne suffisent pas nécessairement à nous y conduire. Comme l’a formulé le philosophe et historien Will Durant, en résumant la pensée d’Aristote dans son Éthique à Nicomaque — une formule souvent attribuée à tort à Aristote lui-même : « Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée ; par conséquent, l’excellence n’est pas un acte, mais une habitude. »


Nous sommes ce que nous faisons. Nos actions répétées façonnent notre caractère et déterminent, en partie, ce que nous deviendrons. Comme nous le rappelle Épictète dès l’ouverture de ce billet, si nous voulons progresser, réussir ou simplement devenir de meilleurs êtres humains, nous devons développer nos capacités et adopter les habitudes quotidiennes qui nous permettront d’y parvenir.


C’est une excellente nouvelle, n’est-ce pas ? Cela signifie que des changements majeurs et des accomplissements remarquables sont possibles sans nécessairement déployer des efforts herculéens. De petits ajustements, de bonnes habitudes et des mécanismes bien établis peuvent, à la longue, produire des résultats considérables.


Pensons simplement à l’heure à laquelle nous nous réveillons, à ce que nous étudions et pratiquons, aux personnes qui nous influencent, aux lieux que nous fréquentons et à la manière dont nous choisissons de consacrer notre temps. Autant de décisions, parfois anodines en apparence, qui contribuent pourtant à façonner notre existence. Il n’y a rien de plus puissant qu’une bonne habitude. Et rien ne peut nous freiner autant qu’une mauvaise. Nous avons tous pu constater ces forces à l’œuvre dans notre propre vie, pour le meilleur et, malheureusement, trop souvent, pour le pire.



Alors, pourquoi ne pas décider, dès aujourd’hui, de reprendre les rênes ? Apprenons à mettre ces forces à notre service et à les maîtriser plutôt que de les subir. Ne laissons plus nos habitudes nous mener par le bout du nez. Cessons d’être les spectateurs passifs de nos propres vertus et de nos travers.


Le chemin vers l’excellence exige de la patience, de la persévérance et des efforts répétés. Il ne sera pas toujours facile, mais chaque geste compte. Car c’est dans la pratique quotidienne de nos valeurs que nous nous rapprochons, peu à peu, de la personne que nous souhaitons devenir.



Tiré du Daily Stoic du 6 juillet 2026.

Traduit et adapté par Luc Thibert

2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
29 sept.

Cher Luc,


J'ai pris la bonne habitude de lire tes billets, d'y réfléchir et d'agir en conséquence ; c'est déjà un bon départ !

Je réussis maintenant à adopter l'habitude de me calmer quand je suis anxieuse ou fâchée.

Si je pouvais calmer mes douleurs par la seule habitude d'entrer en moi, de me concentrer sur le beau, ce serait extra ! Mais cela m'est impossible.

Tout au moins, l'habitude ( la discipline ) d'aller m'allonger et de respirer lorsque j'ai trop mal, devient nécessaire et tellement bienfaisante.


Merci, Luc. Belle semaine à toi. Et vive le Québec libre ! :-)

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Luc Thibert
Luc Thibert
04 oct.
En réponse à

Salut Lili,


Désolé du délai de réponse. Nous étions en vacances dans un superbe petit chalet de Lanaudière et je n’avais pas accès à mes trucs de publication. Me voici de retour, juste à temps pour mon prochain billet stoïque dominical.


Pour donner suite à ton commentaire, je m’applique moi aussi à mettre mes « stoïceries » en pratique au quotidien. J’ai plus de succès avec certaines, pas trop contraignantes. Pour les autres, le travail continue tranquillement. Mon cerveau finira bien par les assimiler en temps et lieu. 😉


Et pour ce que tu dis de tes douleurs, je crois que tu as trouvé quelque chose de précieux dans cette habitude de t’allonger et de respirer lorsque la douleur devient…


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