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L’instant avant la tempête : là où tout se joue.

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • 16 nov. 2025
  • 2 min de lecture

À chaque occasion qui se présente, replie-toi sur toi-même et cherche quelle faculté tu as en toi-même pour te conduire […] Si tu prends cette habitude, tes émotions ne t'emporteront pas.

Épictète, Manuel, 10.


La colère est un thème cher à Épictète, mais aussi à Marc Aurèle et Sénèque. L’événement lui-même — un commentaire blessant, une erreur, une injustice — n’est qu’une chose. Ce que nous ajoutons ensuite : colère, amertume, rumination, impulsivité… voilà ce qui double la blessure. En réagissant comme notre adversaire, nous accumulons les coûts et les coups.

Que faire alors ? Avons-nous seulement envisagé l’option… de ne rien faire ? Du moins, dans un premier temps. Juste assez longtemps pour retrouver notre sang-froid.



C’est d’ailleurs ce que font les gens heureux et efficaces : ils ne s’emportent pas facilement. Ils se préoccupent du monde, oui, mais ils ne réagissent pas à chaud. Ils restent maîtres d’eux-mêmes, même devant une remarque grossière, une erreur coûteuse ou une injustice flagrante.


Athénodore, mentor stoïcien du jeune Octave — le futur Auguste — lui conseillait de compter toutes les lettres de l’alphabet avant de répondre à ce qui le mettait en colère. Un conseil d’une grande sagesse. Les stoïciens utilisaient différentes techniques pour dominer leur colère. Les sages s’arrêtent, examinent la situation, et choisissent la voie la plus juste.

Primo, reconnaître l’émotion dès qu’elle surgit.Secundo, canaliser cette énergie vers une pensée plus bienveillante. Par exemple : Il est évident que cette personne vit quelque chose de plus pénible que moi. Je peux essayer de comprendre cela, doucement, sans réagir.

Ce n’est pas simple, bien sûr. Mais combien gratifiant lorsque cela désamorce une situation tendue.


Marc Aurèle disait : « … je ne puis éprouver du dommage de la part d’aucun d’eux, car aucun d’eux ne peut me couvrir de laideur » — à quoi j’ajouterais volontiers : sans mon consentement.


Luc Thibert

Inspiré du Daily Stoic du 25 octobre.


2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
16 nov. 2025

Ce billet devrait être lu par tout l'monde ! Oui, à commencer par soi-même, mais aussi par des milliards de personnes sur la planète qui s'entre-déchirent, qui se font du mal, qui se bombardent un peu partout. On dit que les gens - en général - sont en colère contre l'époque. La bonne entente semble un concept d'un temps rêvé. La bienveillance, mot que l'on entend ces temps ci sur toutes les lèvres pour se donner un air gentil, n'est guère appliquée. La notion de bonté n'est pourtant pas difficile à comprendre...


J'adore ce billet. Merci, Luc.

Bon début d'hiver !

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Luc
Luc
17 nov. 2025
En réponse à

Merci beaucoup, Lili.


Tu as raison : si chacun commençait simplement par s’apaiser soi-même, même un tout petit peu, il y aurait déjà moins de heurts dans le monde. La colère collective que tu évoques, cette tension qui plane sur notre époque… c’est vrai qu’elle est palpable.


Alors, si un mon humble billet peut offrir ne serait-ce qu’un souffle de recul, un espace pour respirer autrement, j’en serais vraiment heureux. La bienveillance, comme tu dis, n’a rien de compliqué — mais elle demande ce fameux instant avant la tempête. Celui qu’on oublie trop souvent.


Merci encore pour ton regard toujours aussi lumineux.

Et bon début d’hiver à toi aussi, en douceur.


Luc

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