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L'ennemi du bonheur.

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • 24 mai
  • 2 min de lecture

«Il est tout à fait impossible de concilier le bonheur avec le désir de ce que l'on n'a pas. Le bonheur a tout ce qu'il désire, et, à l'instar d'une personne rassasiée, il ne devrait connaître ni faim ni soif.»

 Épictète, Discours, 3.24.17


« Je serai heureux quand j’aurai mon diplôme », se disait-on. « Je serai heureux quand j’obtiendrai cette promotion, quand cette diète portera enfin ses fruits, quand j’aurai l’argent que mes parents n’ont jamais eu. » Et combien d’autres projections du genre. Les psychologues appellent ce mécanisme le « bonheur conditionnel ». Tout comme l’horizon, on peut marcher des kilomètres sans jamais l’atteindre. Dans les faits, on ne s’en rapproche même pas.



Attendre avec impatience un événement futur, imaginer avec passion ce que l’on désire, se réjouir à l’idée d’un scénario heureux : aussi agréables que puissent paraître ces activités, elles diminuent nos chances d’être heureux ici et maintenant au quotidien. Identifions ce désir d’avoir toujours plus, toujours mieux, toujours plus tard, et regardons-le pour ce qu’il est réellement: l’ennemi de notre sérénité actuelle. Choisissons-le ou choisissons notre bonheur. Comme le rappelle Épictète, les deux ne cohabitent pas facilement.


Comprenons-nous bien : il est beau et tout à fait légitime d’avoir des objectifs. Encore faut-il que ceux-ci ne nous obsèdent pas au point de mettre notre vie entière en suspens dans l’attente de leurs accomplissements.


Car à force de reporter le bonheur à demain, plusieurs finissent par traverser leur existence sans jamais habiter pleinement aujourd’hui. Le bonheur n’est peut-être pas cette récompense lointaine que l’on décroche enfin après une longue course, mais plutôt cette capacité intérieure d’apprécier ce qui est déjà là, pendant que la vie, discrètement, continue de passer.


Luc Thibert

Inspiré du Daily Stoic du 17 février.

2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
24 mai

Oui, le rêvassage est périlleux. L'ambition mal orientée aussi.


Quant à moi, j'essaie de considérer que déjà, ma vie de tous les jours est un beau grand rêve réalisé.


Je n'ai pas d'exigences. Je n'ai pas de déceptions. Je chéris ma chance d'être en vie. Heureuse avec mon Yvan que j'aime fort depuis plus de 50 ans ! Et que dire de Gabi... Pur bonheur à chaque minute qui passe.


J'ai des défis, par contre. De gros défis. À prendre par petites bouchées...


Bref, encore une fois, ton billet d'aujourd'hui m'aide, plus que tu ne peux l'imaginer. Merci pour ça Luc.


Bonne semaine, comme on dit ! :-)


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Luc
Luc
25 mai
En réponse à

Salut Lili,


Moi aussi, j’ai dû revoir mes priorités en prenant de l’âge. J’ai appris, peu à peu, à mieux accueillir la vie au quotidien, sans trop me projeter dans le futur. Aujourd’hui, je crois y être assez bien parvenu.


J’ai encore des objectifs qui me motivent, bien sûr, mais ce ne sont plus des obsessions. Ma vie ne sera pas un échec si certains ne se réalisent pas.


Comme toi, je suis davantage conscient de la chance qui m’habite et j’éprouve une profonde gratitude pour cet état de grâce parfois discret, mais bien réel.


Merci pour ton partage, toujours sincère et lumineux.


Bonne semaine à toi, mon amie !

(J’espère que vos rénos vont bon train.)🚂

Luc

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