top of page

Ce qui reste quand tout disparaît. 

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • 14 déc. 2025
  • 2 min de lecture

« Ce n’est pas que nous disposions de peu de temps, mais nous en perdons beaucoup. […] La vie est longue, si on sait l’employer. »

-Sénèque, De la brièveté de la vie, chapitre I, 1 et chapitre VIII, 3.


Depuis des générations, depuis des millénaires, les humains répètent inlassablement les mêmes erreurs, comme l’avaient déjà observé les stoïciens. Ils recherchent le pouvoir et la gloire. Ils accumulent des biens matériels. Ils se disputent pour des futilités. Ils tentent d’impressionner les autres.


« Où sont-ils aujourd’hui ? », demande Marc Aurèle dans un passage de ses Pensées pour moi-même. Passe en revue, dit-il, la liste des grands personnages puissants que tu as connus ou dont tu as entendu parler. Où sont-ils maintenant ? Disparus. Déjà oubliés. Déjà devenus nourriture pour les vers.


Il rejette bon nombre de ces figures, peut-être en pensant à des personnages ignobles comme Néron ou Caligula. Ils ont travaillé en vain, écrit-il, car ils se sont attachés aux mauvaises choses, cherchant satisfaction dans ce qui ne pouvait en donner. Quelle tragédie.


Et si nous dressions notre propre liste ? Qu’en est-il des dix premières fortunes du classement Forbes d’il y a quinze ans ? Qui s’en souvient encore ? Presque personne. En revanche, ceux qui ont employé leur temps terrestre avec sagesse et générosité demeurent dans nos mémoires : Mère Teresa, Gandhi, Nelson Mandela, le Dalaï-Lama… et tant d’autres.



La vie est courte — bien trop courte pour la gaspiller à courir après des illusions, à se laisser distraire par des futilités. Elle est trop précieuse pour être vécue comme le font tant de nos contemporains : à intriguer, flatter, se disputer, rechercher sans fin… sans jamais prendre le temps de réfléchir.


Ne gaspillons pas ce qui nous reste, comme nous y exhorte Marc Aurèle. Offrons notre temps à ce qui nourrit réellement l’âme : la lucidité, la bonté, la présence, le sens. Tout le reste n’est que bruit.Car bientôt, nous aussi, nous quitterons la scène. Et la seule vraie question qui demeurera ne sera pas ce que nous avons possédé ou conquis, mais ce que nous avons su aimer, comprendre et transmettre, avant de devenir — à notre tour — un simple nom sur la longue liste des oubliés.


Luc Thibert


Inspiré du Daily Stoic du 3 septembre.

6 commentaires


Membre inconnu
17 déc. 2025

Bonjour à vous deux , depuis que mon fils est policier, il a tellement de rage et de frustration en lui. A force de voir de la laideur partout, de la méchanceté et les pires atrocités imaginées, et ce à chaque jour.

( contrairement à ce que plusieurs pensent , un policier ne fait pas que donner des contraventions).Il garde en lui ( déjà à son jeune âge) beaucoup de colère envers les criminels ( tel que la jeune fille qui a tué le monsieur âgé) et tout comme Lili , il n’a pas trop foi en l’humanité. Ça m’attriste… je ne dis pas que vous n’avez pas raison, bien au contraire. L’humain est souvent capable des pires bassesses. Mais…

Modifié
J'aime
Luc
Luc
18 déc. 2025
En réponse à

C'est l'objectif ! 🎯

Merci Ariane...

J'aime

Lili Côté
Lili Côté
14 déc. 2025

Tellement vrai tout ça. Quand on regarde l'état du monde aujourd'hui, le beau, le bon, il faut faire une fouille archéologique pour en découvrir. Ne trouvant peu d'inspiration dans le vaste monde, il ne nous reste qu'à se pencher, voire se replier sur notre petit monde à nous, famille, ami.e.s. Et encore, il s'en trouve des malveillants, des tordus. Et si on a de la chance, on a un chat qui, à lui seul, fabrique notre joie.


Je fais partie des pessimistes qui ne croient pas en la capacité de l'humanité à rendre notre univers meilleur. Non. Les gâchis se multiplient avec le temps. Ce temps dont tu parles, Luc, si précieux qu'on devrait l'embrasser à chaque matin, en regardant…


J'aime
Luc
Luc
16 déc. 2025
En réponse à

Je te lis, chère amie, et je comprends le désarroi qui t’habite et qui prend parfois le dessus dans tes pensées. Je ne veux surtout pas prétendre que cela ne m’arrive pas : je suis moi aussi souvent déçu par mes contemporains. J’essaie toutefois de m’inspirer de ce qui demeure beau, du sens que peut prendre un geste sincère, ne serait-ce qu’un simple sourire offert sans calcul.


Parlant de sourires, j’en ai vu beaucoup hier, lors de ma journée de bénévolat. Une centaine de personnes s’affairaient à préparer des sachets de soupe sèche qui seront insérés dans des paniers de Noël destinés à des familles défavorisées du Grand Montréal. C’est de cela que j’essaie de me nourrir le plus souvent…


J'aime
bottom of page