Rester droit quand tout vacille.
- Luc Thibert

- 15 févr.
- 2 min de lecture
«L'essence du bien est un certain type de choix raisonné, tout comme l'essence du mal en est un autre. Qu'en est-il alors des éléments extérieurs ? Ils ne sont que la matière première de notre choix raisonné, qui trouve son propre bien ou son propre mal en travaillant avec eux. Comment trouvera-t-il le bien ? Pas en s'émerveillant devant la matière ! Car si les jugements sur la matière sont justes, cela rend nos choix bons, mais si ces jugements sont faussés, nos choix deviennent mauvais.»
-Épictète, Discours, 1.29.1-3
Il est évident que les stoïciens recherchent la constance, la stabilité et la tranquillité — des qualités auxquelles la plupart d’entre nous aspirons, mais que nous ne semblons atteindre que de manière éphémère au fil de la vie. Comment parviennent-ils à incarner cet état qui nous paraît si souvent insaisissable ? Comment vivre l’eustatheia, ce terme qu’emploie Épictète pour désigner cette stabilité intérieure ?

Ce n’est ni une question de chance, ni le fruit d’un retrait du monde. Ce n’est pas davantage en éliminant les influences extérieures ou en fuyant vers la solitude d’un village retiré que l’on y parvient. Au contraire, tout repose sur notre capacité à filtrer le monde extérieur à travers le prisme de notre jugement.
C’est précisément ce que notre raison peut accomplir. Elle peut prendre la nature tortueuse, confuse, parfois écrasante des événements, et leur donner une forme intelligible grâce à un discernement réfléchi. Elle ne transforme pas les événements eux-mêmes, mais la manière dont nous les accueillons.
À l’inverse, si nos jugements sont faussés — parce que nous négligeons l’usage de notre raison — tout ce qui en découle le sera également. Nous perdons alors notre capacité à demeurer stables au cœur du chaos et de l’agitation de la vie.
Si nous aspirons à une véritable constance, si nous cherchons davantage de clarté dans notre parcours, alors le jugement juste n’est pas une option parmi d’autres : il est la condition même de notre stabilité intérieure.
Luc Thibert
Inspiré du Daily Stoic du 10 décembre.






Lili a écrit :
On entend souvent dire qu'une personne peut être très intelligente, mais sans jugement. Est-ce qu'une personne qui a du jugement est nécessairement intelligente ? Une question, comme ça.
Quand on pense à Elon Musk, par exemple, on se dit que le gars doit bien avoir quelques neurones pour avoir réussi en affaires à ce point. Et on n'hésite pas à croire que son jugement est défaillant, pour ne pas dire inexistant.
Quand on dit «se servir de sa tête». C'est de cela que l'on parle.
Ce sujet me laisse perplexe et dans une brume inconfortable.
Bref, je n'ai que des questions sur la chose.
Définir le jugement raisonné m'apparaît difficile puisque chaque individu est bien différent.