Assimilons les vertus stoïques.
- Luc Thibert

- il y a 3 jours
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« Si une chose n’est pas juste, ne la fais pas ; si elle n’est pas vraie, ne la dis pas : Que l’initiative t’appartienne ! »
- Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, XII, section 17
Le courage s’impose souvent comme le choix le plus évident parmi les quatre vertus stoïciennes. Aristote disait d’ailleurs que le courage était la mère de toutes les autres vertus. Dans un monde parfois effrayant, dangereux et difficile, il faut effectivement du courage pour aller de l’avant et accomplir ce qui doit être fait.

L’autodiscipline apparaît comme une autre évidence, car, disons-le franchement, bien peu de choses peuvent être accomplies sans elle. Et comme Aristote l’a également souligné, un courage qui n’est pas tempéré par la modération peut facilement basculer dans l’imprudence.
Quant à Marc Aurèle, il considérait la justice comme «la source de toutes les autres vertus». Les stoïciens étaient clairs : le but de la philosophie - et ultimement celui de la vie - consiste à orienter l’être humain vers ce qui est juste. Le courage au service de l’injustice ? La discipline au service de fins égoïstes ? On pense aussitôt à certains dirigeants contemporains dont notre voisin du Sud, dont les actions semblent souvent guidées par l’orgueil que par la sagesse. Ce n’est certainement pas ce que Marc Aurèle, Épictète ou Zénon de Kition auraient défendu.
Mais établir ces distinctions entre les vertus — et comprendre réellement ce que les anciens voulaient transmettre — exige une sagesse non négligeable. Cette faculté essentielle, et pourtant si rare, qu’est le discernement, n’est pas innée. Pourtant, toutes les vertus semblent en découler. Et le développement même de cette sagesse ne nécessite-t-il pas du courage, de la discipline et un profond sens de la justice ? Assurément.
Comme l’a dit Zénon, les quatre vertus sont « inséparables, mais néanmoins distinctes les unes des autres ». Il devient alors difficile de savoir précisément où l’une se termine et où l’autre commence… et c’est peut-être là le cœur même du sujet. Elles ne sont pas destinées à être poursuivies isolément ; elles convergent plutôt vers une même finalité : la vertu elle-même. Elles sont les composantes d’un objectif plus vaste, les notes singulières mais indissociables d’une même œuvre musicale.
Ainsi, le fait que l’on puisse défendre chacune de ces quatre vertus comme étant la plus importante révèle peut-être simplement qu’elles participent toutes, ensemble, à l’art de mener une bonne vie.
Luc Thibert
Inspiré de la newsletter du Daily Stoic du 13 mai.





Je les aime, les quatre (trois ?) vertus ! Les mots en eux-mêmes - courage, discipline, justice - apaisent rien qu'à les lire, les prononcer, les écrire. Si on commençait par les apprendre, les nommer et renommer, déjà, nous serions plus calmes, et peut-être plus sages. Si ces vertus devenaient une chanson ver d'oreille que l'on fredonne souvent, ce serait comme un petit miracle, une vertu en soi. Une douce habitude.
Merci Luc pour cette réflexion toute intelligente et combien exigeante.
Bonne semaine à toi,
Lili :-)