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Jamais sans notre consentement.

  • Photo du rédacteur: Luc Thibert
    Luc Thibert
  • 3 mai
  • 2 min de lecture

«Aujourd’hui, j’ai échappé à l’oppression des circonstances, ou plutôt, je les ai repoussées, car cette oppression ne venait pas de l’extérieur, mais de mes propres opinions.»

Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, 9.13.


Lors des journées difficiles, on se surprend à penser : « Mon travail me submerge » ou « Mon patron est vraiment exaspérant ». Pourtant, si l’on s’arrête un instant, on réalise que cela n’est pas tout à fait vrai. Personne ne peut nous énerver, pas plus que le travail ne peut nous submerger. Ce sont des éléments extérieurs, sans accès direct à notre esprit. Les émotions que nous ressentons, aussi réelles soient-elles, prennent naissance en nous — jamais à l’extérieur.



Les stoïciens emploient le terme hypolêpsis, qui désigne l’acte par lequel nous donnons notre assentiment à nos perceptions et à nos jugements. Ce que nous construisons dans notre esprit relève de notre responsabilité. La cause réside en nous ; les autres n’en sont que le déclencheur apparent.


On retrouve cette mécanique dans un simple silence. Nous envoyons un message à quelqu’un… et aucune réponse. Rapidement, l’esprit s’emballe : « Pourquoi m’ignore-t-il ?», « J’ai sans doute dit quelque chose de travers ». Pourtant, quelques heures plus tard, la personne nous répond simplement qu’elle était chez le médecin, ailleurs, absorbée. Rien de plus. Entre-temps, tout le tumulte vécu n’était pas causé par le silence lui-même, mais par l’histoire que nous avons construite de toutes pièces. Encore une fois, ce ne sont pas les faits qui troublent, mais le jugement que nous y apposons.


Dans Appel à l’amour, Anthony de Mello résume avec justesse la pensée de Marc Aurèle :

« La cause de mon irritation ne réside pas dans cette personne, mais en moi. » C’est en apprenant à maîtriser ce pouvoir intérieur que nous cessons de céder notre paix aux circonstances extérieures. Rien ne nous atteint sans notre consentement.


Rien de tout cela n’est facile à appliquer au quotidien. Mais en prendre conscience, c’est déjà amorcer un changement dans notre manière de percevoir les choses.


Luc Thibert

Inspiré du Daily Stoic du 18 mars.

2 commentaires


Lili Côté
Lili Côté
05 mai

Oh, ça, c'est difficile !

Le fameux détachement, le non-agir, le calme qu'il faut pour arriver à ne pas souffrir des événements et des gens qui parfois nous font mal...


Le mot clé, pour moi, est «décider» - par moi-même. Je me dis que personne ne me fera mal. Si jamais je me retrouve dans une mauvaise situation, je tire la plogue !! Je n'accepterai jamais qu'on décide à ma place de mes émotions. Pareil pour un événement dérangeant, pénible. Je me dis que je vais passer au travers, en regardant la situation comme si c'était un film. Je regarde le fim avec la conscience que je ne suis obligée à être une actrice qui doit jouer un rôle de…


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Luc
Luc
06 mai
En réponse à

Merci, Lili, pour ton retour — ton commentaire touche juste.


Faire usage de ces préceptes devient souvent plus naturel avec le temps (du moins, je l’espère… avec un peu plus de sagesse). Je le mets parfois en pratique dans mon petit emploi à la bibliothèque. Une file de gens au comptoir, tous en même temps — et la consigne est claire : dans la mesure du possible, les usagers ne doivent pas attendre. Plus jeune, j’aurais précipité mes gestes, avec les erreurs qui en découlent. Aujourd’hui, j’y vais un à la fois, sans brusquer les choses… et la vague passe sans heurt.


Au fond, c’est moi qui décide de la manière dont tout cela va se dérouler.


C’est un peu…


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