La terre peut trembler, mais…

«Nulle part l’homme ne trouve une retraite plus tranquille ni plus calme que dans son âme. »
— Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, IV, 3

Dans les médias, jour après jour, nous voyons les événements se dérouler avec inquiétude. Les gros titres font état de conflits, de divisions et de catastrophes. Par moments, nous avons l’impression que le monde s’écroule et que tout est sans espoir. C’est attristant. Et nous en venons parfois à croire que la situation ne fera qu’empirer.
Pourtant, nous devons nous rappeler que même lorsque tout semble s’effondrer autour de nous, il existe un refuge auquel nous pouvons toujours revenir : la philosophie. C’est ce qu’ont découvert Caton, Sénèque, Épictète et Marc Aurèle. Dans les écrits qu’ils lisaient, dans leurs propres réflexions et dans la sagesse qui leur avait été transmise, ils trouvaient un soutien précieux. La philosophie leur offrait des repères, éclairait leur jugement et les aidait à avancer malgré les épreuves.
Aussi sombre que puisse paraître la situation actuelle, la pérennité du stoïcisme devrait nous réconforter et nous inspirer. Depuis plus de deux mille ans, cette philosophie traverse les époques, les bouleversements et les tragédies. Elle nous rappelle que, malgré les soubresauts de l’histoire, certaines vérités humaines demeurent. Et si l’humanité est capable du pire, elle reste également capable du meilleur. Le monde donne parfois l’impression de s’écrouler, mais ne laissons pas le pessimisme nous convaincre que tout est perdu.
L’adage nous dit : « À chaque jour suffit sa peine. » Le stoïcisme nous invite à aller plus loin encore : accueillir ce qui échappe à notre contrôle sans renoncer à agir sur ce qui dépend de nous. Le courage, la tempérance, la justice et la sagesse sont les quatre piliers sur lesquels nous pouvons bâtir notre existence. Appuyons-nous sur eux. Laissons-les guider nos choix et éclairer nos actions, même lorsque l’horizon s’assombrit.
Car la terre peut trembler, les certitudes vaciller et le monde changer de visage, mais nous conservons toujours la possibilité de choisir notre manière de lui faire face. Il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les souffrances du monde ni de prétendre que tout va bien, mais de ne pas laisser les événements nous priver de notre discernement et de notre humanité.
Nous ne pouvons pas empêcher toutes les tempêtes, mais nous pouvons apprendre à garder le cap. Et si nous ne savons pas de quoi demain sera fait, nous pouvons au moins veiller à ce que nos gestes d’aujourd’hui soient empreints de sagesse, de justice et de compassion.
Le monde n’a pas besoin d’être calme pour que nous apprenions à trouver notre équilibre.
Tiré de la Newsletter du 5 octobre.
Traduit et adapté par Luc Thibert.





Wow ! Ce billet, Luc, devrait être lu par le monde entier ! Apaisantes, ces pensées nous pointent vers chaque petit pas qui peut nous faire avancer dans le calme de notre coeur. Il n'y a qu'à respirer doucement, il n'y a qu'à aller cueillir des fleurs au jardin, à lire un poème de Victor Hugo, et voilà. C'est bien ce que j'ai fait hier, pour adoucir l'instant.
Merci, Luc ! Et profite de ce beau soleil-cadeau !